Mes recherches dans ce domaines étant restées infructueuses, je me suis tourné vers quelqu'un de
compétent dans ce domaine: Monsieur Didier FROCHOT consultant et formateur en Droit et
Documentation [FRO]. La suite de cette section est donc la synthèse des réponses qu'il m'a
apportées.
On se heurte à un premier problème, ces notes de cours sont l'
uvre de deux auteurs:
l'enseignant et l'élève.
Le droit d'auteur protège une création de forme et a contrario, les idées, elles, ne le sont pas.
L'enseignant qui fait son cours prononce donc des phrases qui lui appartiennent, avec des mots à
lui qu'il a agencé à sa manière. Et tout cela lui appartient en propre au nom du droit d'auteur.
quant à l'élève, il reformule plus ou moins le cours avec des mots de l'enseignant ainsi qu'avec
des mots à lui. L'élève pourrait soutenir le fait qu'il reformule des vérités scientifiques (des
idées donc...), mais le plan du cours, tout comme un scénario, est aussi objet de protection.
Selon M. FROCHOT, «il n'est pas douteux qu'en lui même il est une création de forme originale et
la qualité de la progression pédagogique de l'un tranchera sur la confusion de l'autre». Ce à quoi
il rajoute que la jurisprudence du début du siècle a abondamment confirmé que le scénario, dès
lors qu'il était original appartenait à l'auteur. Dans le cas où un auteur reprenait ce dernier
pour en faire une autre pièce de théâtre, les juges estimaient qu'il y avait plagiat. A condition,
bien sûr, que le scénario soit original et «non appartenant au fond commun de l'humanité comme la
situation classique du ménage à trois par exemple». Ces jurisprudences se sont forgées autour de
Labiche et Courteline...
Tout semble donc indiquer que les notes d'un étudiant sont donc une reprise du plan du cours. La
reformulation de certaines phrases sont en quelque sorte une adaptation d'une
uvre qui
n'appartient qu'à l'enseignant. Les notes de cours sont donc une
uvre dérivée de celle de
l'enseignant, à savoir son cours oral14, et nécessitent donc sont accord avant toute utilisation.
Il est donc nécessaire de demander l'autorisation à l'enseignant avant de rendre disponibles des
notes de son cours. Le conseil donné serait plutôt d'instaurer une collaboration entre l'étudiant
et l'enseignant afin d'éviter tout litige15.
Comme conséquence de ce qui précède je vais retirer les documents en question de mon site avant de voir avec les enseignants concernés l'attitude à adopter dans le futur. «L'esprit du monde universitaire n'est plus ce qu'il était...», conclura M. FROCHOT.