Le droit de propriété n'a de sens que si l'on possède quelque chose aurait dit un vieux sage
chinois. Mais dans notre société empreinte de modernisme qui voit toutes ses vieilles frontières
s'abolir avec l'Internet et la mondialisation, on peut se demander quelle considération un
utilisateur de logiciel pourrait bien avoir pour son créateur, anonyme parmi les anonymes.
L'esprit de liberté et d'impunité peut faire oublier à certains que le législateur, aux allures
vieux mythe poussiéreux, est bien plus actif qu'il n'y parait. La législation suit les
évolutions de la technologie et cherche toujours à prévenir et à combler d'éventuelles lacunes ou
points sombres du droit. Et bien qu'il soit très difficile d'épingler les pirates "à la petite
semaine", des affaires de délits à grande échelle sont régulièrement instruites et
jugées20.
Il ne s'agit pas de faire ici un plaidoyer en faveur de grandes entreprises qui règnent en
maîtres absolus sur le jeune monde informatique qui ont la loi de leur côté et déposent
protection sur protection sur leurs logiciels, ce serait faire une offense à notre esprit
universitaire. L'émergence croissante du logiciel libre semble donc être une alternative
intéressante à laquelle nous nous rallions bien volontiers21.
Esprit sain dans un corps sain et logiciels libres dans un ordinateur libre. Une ligne de pensée pour le monde informatique de demain?