On serait tenté de croire qu'en France seuls les particuliers sont les clients d'un tel marché. Mais une édifiante enquête de la BSA3 [BSA] va encore plus loin et estime que plus de quatre exemplaires de logiciels de bureautique sur dix utilisés par les entreprises en Europe sont des copies illicites. Et selon une enquête menée conjointement par la BSA et Price Waterhouse4 la part des applications illégales en usage en France en 1997 représenterait 44% du marché, voire même 73% en Grêce tandis que la Grande-Bretagne semble plus épargnée avec 31% "seulement". Les résultats de cette étude est représentée par le tableau de la figure 1.
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Cette proportion est énorme et laisse présager de fortes conséquences sur l'emploi et les pertes fiscales des éditeurs, concepteurs et vendeurs "officiels" de logiciels. En effet, rien qu'en Europe les pertes globales dues au piratage de logiciels dépasseraient les 15 milliards de francs pour la seule année 1997 selon l'enquête de la BSA [BSA] et de Price Waterhouse. La France se situe en deuxième position derrière l'Allemagne avec un total de pertes avoisinant les 2 milliards et demi, comme nous le montre le graphique de la figure 2.
Le piratage est donc bien un fléau économique majeur. Mais si les moyens de lutte semblaient
dérisoires il y a encore quelques années, la mise en place de cellules spécialisées au sein de la
police a permis de combattre plus efficacement qu'auparavant les pirates. Mais le chemin reste
long car même si le taux de piratage est passé, en France, de 85% en 1990 à 43% en
19985, il se stabilise à un niveau élevé.
Alors qu'il semble difficile de lutter contre les industries frauduleuse en Asie, des méthodes
pour dissuader et éventuellement contrecarrer les pirates sur notre territoire. L'expérience de la
BSA en ce domaine à montré qu'une législation protectrice du droit d'auteur, telle qu'elle existe
en France, associée à des campagnes de sensibilisation et de poursuites judiciaires, pouvait faire
baisser le taux de logiciels piratés dans un laps de temps très court. Le public visé concerne
surtout les utilisateurs qui dans leur cadre professionnel sont à l'origine de la majeure parie du
piratage, soit par ignorance, soit de façon délibérée. La lutte doit être incessante pour
rester efficace et des solutions alternatives existent comme nous le verrons plus
loin6. Mais on est en droit de se demander si les moyens mis en
uvre seront suffisants pour faire évoluer cette banalisation du piratage encouragé souvent par
l'anonymat de l'Internet.