L'idée même de logiciel libre a été instaurée en 1990, lorsqu'un étudiant finlandais Linus
TORVALDS a eu l'idée de développer un système d'exploitation alternatif aux traditionnels Windows
ou UNIX trop chers pour les deniers d'un étudiant16. Après avoir rendu disponibles les sources de son système pour que d'autres utilisateurs
puissent le tester et lui rendre compte des bugs éventuels, des développeurs du monde
entier, aidés par Internet, ont pris part à son développement en y ajoutant des fonctionnalités.
Linux était né, mais avec lui a émergé l'idée, peut-être farfelue au départ, du logiciel libre,
qui de nos jours s'est étendue à un pan entier de l'informatique dénommée justement
informatique libre.
Mais qui dit informatique libre, ne dit pas liberté de faire n'importe quoi. En effet, certaines règles existent, et la Free Software Fondation17 a édicté trois principes auxquels doivent souscrire les logiciels se revendiquant comme libres. Chacun doit pouvoir:
De plus, afin de protéger les logiciels libres, la Free Software Fondation a mis au point
la licence GPL (GNU General Public Licence) qui stipule notamment qu'un programme libre est la
propriété de son auteur et qu'il doit impérativement être distribué accompagné de son code
source.
Comme on peut le voir, cette license semble résoudre un certain nombre de problèmes. La notion même de piratage est abolie, puisque n'importe qui peut modifier l'existant pour l'adapter ou l'améliorer et le diffuser à nouveau gratuitement sans pour autant remettre en cause la propriété de son auteur. Mais ce système se heurte à un problème de taille: tout est gratuit. Face à des géants du logiciel qui dégagent plus de bénéfices nets que le budget global d'un pays d'Afrique, il semble difficile de lutter. Et la question de la non-rémunération des auteurs pouvait sembler rebutante aux développeurs. Mais depuis 1990, l'essor du "Libre" est tel qu'il modifie l'équilibre établi. Combien de temps faudra-t-il avant que ce système ne soit récupéré par des multinationales qui trouveraient en cette liberté un nouveau marché commercial dont elles protégeraient les produits à coup de brevets?